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  • : Le site des Amis de Pascal Sevran
  • : Ce site a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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Pascal Sevran




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Hommage à Pascal Sevran :

Homme de passion, et d’abord de parole, aux multiples dons d’écrivain, auteur, journaliste, animateur, chanteur, producteur, il restera à jamais lié à l’histoire de la chanson, de la télévision, de la vie publique de ces trente dernières années, avec pour fil rouge ce music-hall qu’il chérissait, défendait et incarnait inlassablement, contre vents et sarcasmes, comme le fit à sa manière Jacques Martin, autre « saltimbanque » passé de l’autre côté du miroir. Indissociable de Dalida, sa « Dali », à laquelle il offrit entre autres l’un de ses plus beaux titres, « Il venait d’avoir dix-huit ans », sur une musique du regretté Pascal Auriat, et de Roger Nimier, dont il obtint en 1979 le Prix avec son « Passé supplémentaire » et incarnait à sa manière les contradictions, mais aussi de Georgette Lemaire (« Vous étiez belle madame ») et tant d’autres interprètes, puisqu’il signa quelque 500 textes.

Indissociable de ce patrimoine musical qu’il défendit, d’écran en tournée, de cette chanson française à laquelle il ne cessa jamais de donner sa chance, d’après-midi en samedis soirs ou dimanches midi pendant 25 ans. Depuis des années, il était toujours là, fidèle au poste, au peuple dans le plus noble sens du terme, et l’on avait fini par le confondre avec ce « Tintin » (n’en avait-il pas lui-même l’allure ?) qu’il invoquait malicieusement, à la Mireille : il avait été à bonne école, et savait être passeur à sa façon. Quel jeune chanteur en mal de contrat ou de reconnaissance dans les années 90 n’a pas « fait Sevran », au moins une fois, aux côtés d’un Renaud, Bruel, bénabar, Fiori, Brillant, ou de ces vedettes d’antan oubliées par le train des medias, d’Anny Gould à Colette Renard et Georgette Plana ? Quel autre animateur tendit jamais la perche, sinon le micro à tous nos aînés, programma aussi bien Alain Leprest qu’Anne Sylvestre, Vincent Baguian qu’Henri Tachan, Patricia Kaas que Mouloudji, sans ostracisme ni snobisme ?

 

 

Rarement l’étiquette de « Monsieur Chanson » qu’on lui attribua lorsqu’il fut chargé de mission à ce propos auprès du Ministre de la Culture, Jack Lang, en 1981 fût aussi méritée et bien portée, car Pascal savait le moindre détail, visage, secret de ce métier qu’il connaissait, adorait autant qu’il pouvait parfois l’égratigner , sans laisser personne indifférent : la loi du spectacle.


Toujours, il répondit présent lorsque la SACEM lui fit signe, fit appel à lui pour participer à un débat, à l’éternel combat des auteurs pour les auteurs, sans cesse recommencé. Et nous avons en cet instant le souvenir d’un Pascal militant de la chanson, débattant de la condition du créateur avec des ouvriers d’usine en ces années 80, et bien différent des caricatures qu’on a pu brosser de lui par la suite : humain, si humain. Derrière l’image éclectique, électrique du Pascal médiatique chantant Trenet ou Sablon, se cachait un auteur sensible, délicat, racé, parfois meurtri d’être insuffisamment reconnu pour lui-même, qui avait été le secrétaire d’Emmanuel Berl, l’ami de François Mitterrand et avait sur la vie, les hommes et « le métier » ce même regard acéré, lucide et caustique qui brillait dans nos télévisions et nous disait tant de choses entre les mots. Son journal intime, admirablement écrit, en témoigne largement et gagnera à être redécouvert. Condamner ses excès était ne pas le comprendre, tant il savait, à l’instar de Cocteau, faire de ses défauts des qualités.

Pour toutes ces raisons et tant d’autres, il nous tenait à cœur, et n’est pas près de nous lâcher. C’est toujours un peu de la SACEM qui part lorsqu’un auteur s’en va, a fortiori lorsqu’il emporte avec lui un pan de notre mémoire. Celle de Pascal demeurera avant tout vivante, étincelante, à son image : celle d’un amoureux de la vie, des vrais gens, de la musique des rues, d’un nostalgique pressé qui entendait toujours chanter les lendemains dans sa tête et ne supportait pas qu’on lui parlât de génération désenchantée, lui qui avait gardé ses 20 ans jusqu’à la fin, sur la seule nationale qui fût : la route Trenet.

Publié par Ronan