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« La vie sans lui ce n'est pas le titre d'un livre, c'est ma vie de tous les jours, de toutes les nuits. À me voir bondir encore ici ou là, on finira par croire que je suis un incorrigible sauteur, un Parisien insatiable ne dînant qu'avec des ministres, ou me cachant ici avec quelques godelureaux avenants et de fausses baronnes. »


Mais où Pascal Sevran peut-il bien trouver des tels titres : « Le privilège des jonquilles » en 2006, « La mélancolie des fanfares » aujourd’hui, un huitième volume du carnet de bord de la traversée sans Stéphane qui faillit ne pas voir le jour.

Au printemps de l’année dernière, l’épreuve lui paraît insurmontable. « Et pour dire quoi, raconter quoi ? Peut-être la lassitude ...» Et puis, l'été dernier, la nécessaire envie de s'écrire reprend ses droits. Ce qui nous permet aujourd'hui de retrouver Pascal Sevran avec un double plaisir. littéraire d'abord, car c'est une joie d'égérner les jours avec une telle plume. Vital ensuite pour les vérités énoncées sur la vie de l'auteur et sur celle des autres, c'est-à-dire les nôtres.

Si les personnages récurents sont de retour (Serge T., Philippe Besson, Jack Lang, ...) de nouvelles figures apparaissent avec bonheur (France Gall, Samuel Benchetrit, Nicolas Sarkosy) avec pour cadre Paris, Morterolles, Arcachon et la côte d'Opale. Sevran, c'est la vie et les propos sur la vie en compagnie de grans noms comme Jouhandeau, Céline ou Cocteau. Mais c'est aussi l'opinion d'un auteur qui se livre à son journal intime dont la vocation est d'être lu par le plus grand nombre.

Certains sont choqués. Hurlent. Estent (ou le prétendent). Et c'est d'autant plus inattendu que je me sens en phase avec lui. Mais, franchement, y a-t-il lieu de s'en offusquer ? Ne vaut-il pas mieux se féliciter qu'un auteur aussi talentueux s'exprime sans ambage au risque de déplaire ? Cette Mélancolie des fanfares sera-t-elle le chant du cygne d'une belle aventure littéraire ?

« Le sexe sans amour, c’est possible, voire recommandé pour la santé mentale et physique. L’amour sans le sexe n’est pas l’amour, cela porte le nom vague d’amitié. Si vite dit. Banal. Provisoire, de toute façon. Le sexe est partout, dans le métro, au bal, sur les escalators des Galeries Lafayette, à la piscine, dans les toilettes de la gare du Nord. L’amour n’est jamais là où on le cherche, mais juste à côté, c’est ce qui fait son prix. Le sexe est partout, à portée de nos bouches, offert ! L’amour, lui, est introuvable. Beaucoup se contentent de sa contrefaçon. »

Publié par Ronan