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  • : Le site des Amis de Pascal Sevran
  • : Ce site a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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Pascal Sevran




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De décembre 1999 à novembre 2000, Pascal Sevran nous entraîne dans son quotidien, de Paris à Montréal, d'un dîner chez Lipp jusqu'au port de Naples. Souvent entouré, parfois seul, il parle des gens qui gravitent autour de lui, ceux qu'il aime et tous les autres, évoque la tempête de décembre dernier et Belgrade sous les bombes, Charles Trenet à l'hôpital et le souvenir de Dalida. On y croise aussi toute une galerie de personnages, des gens célèbres mais aussi des caractères plus anonymes et souvent truculents.


Mais c'est surtout d'amour dont il est question dans ce livre, une fois encore, comme dans le premier opus de ce journal intime, La Vie sans Lui. Pascal Sevran se livre à ses lecteurs, parle de son compagnon Stéphane, de sa mort injuste, de son absence dont il souffre encore et toujours. Un livre plein d'amertume.



Par Bernard Morlino :


Si vous l'associez à Georgette Lemaire, il récite un poème de Saint-John Perse et si vous lui serinez des vers d'Alfred de Vigny, il chante une chanson de Francis Lemarque. Bénéficiant d'une belle cote de sympathie, due à sa notoriété télévisuelle, Pascal Sevran a connu un vif succès avec La vie sans lui où il racontait la mort de Stéphane, son Jean Marais intime. Ce livre correspond au retour à la littérature du Prix Roger Nimier 1979 qui avait oublié qu'un présentateur d'émissions de variétés pouvait aussi être écrivain. Cruel paradoxe, sa renaissance s'exerça par le biais de la mort de Stéphane. «L'art est une nostalgie qui crée»,disait Thomas Mann.

Au mieux de sa forme, le ressuscité des lettres publie le tome deux de son journal sur la lancée du premier. Le deuil en bandoulière, Pascal Sevran ne veut plus entendre parler de fiction. «Comme mes tiroirs, mes pages doivent être rangées, débarrassées du superflu pour que je voie clair en moi-même.»Son ambition est de poursuivre le dialogue avec ses lecteurs. Rien de plus. Son sévère jugement sur les diaristes lui interdit le soliloque sans fin.

Obsédé par la vérité de ce qu'il vit, l'égotiste repenti décline à sa façon les sentiments de tout le monde. La sexualité n'est pas son fonds de commerce: seul l'amour compte à ses yeux qu'il n'a pas dans sa poche. Celui exclusif d'hier le pousse à sauver les souvenirs comme on extirpe les meubles du feu. Celui multiforme d'aujourd'hui l'incite à côtoyer une bande d'excentriques d'où émerge Lily, délicieuse chanteuse de bastringue qui est à Piaf ce que les poupées de Luna Park sont aux Barbie.
L'univers de Sevran ne se compose pas de Ferrari ni d'Ibiza mais de petits poissons rouges et de bouchées à la reine. Le fils d'ouvriers communistes élevé dans le culte du travail se partage entre la solitude et la passion des autres.


Selon lui, la beauté d'un style est la plus grande des politesses. A la fois ludique, méchant, plein d'humour et lucide, l'écrivain est plus épouvanté par le départ des vacances d'été que par un film d'horreur. «Les couples qui s'ennuient font des bébés pour se distraire. Tant de légèreté désole»,confie le surnommé Papa. Sensible à la limite du supportable, l'invivable est fidèle à sa jeunesse puisqu'il chante et écrit comme Mireille et Berl, ses parents spirituels. Ni Modiano ni Guy Lux, Pascal Sevran c'est Jean Nohain qui voudrait entrer dans La Pléiade.

Publié par Ronan