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  • : Le site des Amis de Pascal Sevran
  • : Ce site a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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Pascal Sevran




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Parce que son ami, son amour, est mort, Pascal Sevran reprend la plume pour dire sa douleur en un poignant requiem.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. L'absent se prénomme Stéphane. Il portait des pantalons rouges, possédait des yeux verts sous des cils de fille, aimait les chevaux, les tulipes, les arbres, l'amour, les guirlandes de Noël. Comédien et chanteur, il a cessé un jour de faire de la figuration sur les planches pour tenir le rôle principal dans l'existence de Pascal Sevran. Quand ils se sont connus, tout juste s'ils ont cherché à se plaire. Stéphane allait avoir 18 ans, comme dans une célèbre chanson de l'auteur; ils se sont aimés dix-huit ans, entre Paris, un village du Limousin et le reste du monde. Puis Stéphane est mort, hôpital Saint-Antoine, chambre n° 5. Le jour même de l'anniversaire de Pascal Sevran, qu'il a décidé, désormais, de ne plus fêter.


Sevran paillettes, chansonnettes et musette ne fait que passer, un gala à Divonne-les-Bains, un autre à Namur ou à Bastia, dans ce poignant journal intime de peine et de sourires, de douleur, d'impuissance à apaiser ou sauver, de solitude à supporter, dorénavant. Tout un quotidien fébrile, anxieux, aux aguets, rarement joyeux, rapporté d'une plume haute et pudique par l'écrivain du Passé supplémentaire, le lecteur de Chardonne et de Montherlant, le familier de Berl. Entre l'évocation des années insouciantes et les derniers mois d'agonie du bien-aimé, du tant aimé, l'aller-retour ne s'accomplit pas en compartiment nostalgie: «Elle use ceux qui en abusent»,écrit un Sevran si peu doué, confie-t-il aussi, pour le bonheur, les épanchements, l'abandon. Pour dire un dîner chez ses parents après la mort de Stéphane, un séjour décevant à New York, deux ou trois rémissions dans la maladie, Sevran compose, en prose, sa plus belle histoire d'amour, quelque 300 pages vives, sans mollesse, serrées comme notre gorge à les lire. Quand votre «moitié d'orange»a disparu, il faut adopter certaines règles: essayer de dominer le malheur, fidèlement, sans impatience. Se montrer un peu moins exigeant, gueulard, excessif, émotif, exclusif. Tenter d'apprivoiser la nuit, avec deux verres de vin et trois pages de Jouhandeau.

Faire semblant de vivre. Inconsolable, mais debout. C'est la leçon, déchirante, de cette chronique d'un amour et d'une mort annoncés.

Publié par Ronan