baniere-ps1 

23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 15:49

Le privilège des jonquilles

Un journaliste au téléphone ; " Donc vous vous ressourcez à Morterolles tout l'été ? " 

 Non, je ne me ressource pas, je me repose de la vie parisienne, je me détends si l'on veut, je m'apaise mais je ne me ressource pas. Je ne peux plus entendre ce mot-là qui m'écorche les oreilles, ni le lire dans les journaux qui nous veulent du bien.

 C'est un mot français, ce n'est pas une raison pour le mettre à toutes les sauces de barbecue. Se ressourcer... et pourquoi pas dans le Gersse ? Il y a des mots comme ça qui font fureur au camping des Flots bleus, on se ressource à la queue leu leu, en famille. Partout on se ressource. " Ils l'ont même dit à la télé."


Le privilège des jonquilles de Pascal Sevran.

Publié par Ronan Ronan H - dans Citation
15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 16:03

108147.jpg.275.jpg

Publié par Ronan Ronan - dans Multimédia
15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 16:00

6-Il-pleut--embrasse-moi.gif

Mon premier livre, " Le Passé supplémentaire " commence ainsi : " C'était au temps de ma splendeur, ceux qui m'ont bien connu à cette époque vous le diront : j'avais tout pour être heureux." Ces lignes, je les écrivais, il y a trente ans jour pour jour, assis au bureau que m'avait offert Dalida, à Montmartre, chez moi, dans mon premier appartement, rue Gabrielle, où je venais de passer ma première nuit. Ces lignes, qui avaient quelques longueurs d'avance, je pourrais les reprendre aujourd'hui sans mentir : j'avais tout pour être heureux. Les héros de mes romans parlent à ma place. Au passé. Ce qui était littérature est devenu réalité. On est un très jeune homme, on s'invente des histoires, des passions, des chagrins qui nous rattrapent quand on a plus vingt ans depuis longtemps.

Il pleut, embrasse-moi de Pascal Sevran.

Publié par Ronan Ronan - dans Citation
8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 19:10

8-La-m-lancolie-des-fanfares.gif

Lorsque je dîne en ville ou " dans le monde ", comme on disait autrefois, je ne pense jamais à ce journal, ni à l'écho que j'y donnerai de mes rencontres. Je ne prends pas de notes, je n'ai pas de magnétophone, caché dans ma poche, j'écoute, je parle, je bois, je profite de ces soirées de ma vie en société avec gourmandise.
La littérature, c'est une autre histoire. Au moment d'écrire, je ne sais jamais ce que je vais retenir. Je suis étonné souvent des choix qui s'imposent à moi, comme si je ne décidais pas. Un journal n'est pas un roman : si les personnages sont mauvais, je n'y peux rien sinon les oublier, s'ils sont bons, ce n'est pas grâce à moi. Je ne décide pas vraiment. J'ai tenté parfois de donner de l'épaisseur à quelques-uns qui se sont évaporés aussitôt. Impossible de tricher, de prêter de l'esprit aux imbéciles, du coeur aux salauds. Ce que le roman autorise, le journal l'interdit. C'est l'inimaginable qui est vrai. Il ne suffit pas d'être ministre ou prix Goncourt pour être intéressant, ni même intermittent du spectacle. Contrairement à l'idée répandue et fausse néanmoins, je ne passe pas le plus clair de mon temps place Beauvau ou à la mairie de Paris, et si je couche à Cabourg dans la suite Bruno-Coquatrix, je ne vais plus à l'Olympia depuis la mort de Dalida. Je ne suis pas prêt à tout pour réussir une page mondaine dans ce journal. Je n'ai pas de relation mondaine. Bertrand D., Nicolas S.,Brigitte B. ne sont pas des figurants dans mon carnet d'adresses. On a les amis que l'on mérite. J'ai choisi les miens autant qu'ils m'ont choisi. Tous ne font pas la une des journaux chaque matin, ni ne sont destinés à devenir président de la République.

La mélancolie des fanfares de Pascal Sevran.

Publié par Ronan Ronan - dans Citation
25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 22:38

 

pascal_sevran.jpg

Publié par Ronan Ronan - dans Multimédia